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[CMAQ] Forêt boréale, de l'Île René-Levasseur au Brésil Le 16/12/2004 Première Veillée Boréale à Québec : Près de quarante personnes y participent !
Par Émilie Dufour du comité forêt Au Tam-Tam Café, le 6 décembre dernier, la première édition de la Veillée Boréale de Québec a attiré plusieurs personnes préoccupées par la santé de la forêt. Dès dix-huit heures, Jean-Martin, Haniel et Julien ont ouvert la veillée en animant le kiosque du comité forêt et en invitant les gens à se servir un thé de framboisier sauvage avant de s’installer pour le visionnement du célèbre film de Richard Desjardins et de Robert Monderie L’Erreur Boréale. Suite à la présentation du film qui est malheureusement toujours aussi actuel, deux activités simultanées étaient proposées. Initié par Valérie et Françoise, un atelier de création de poèmes et de dessins sur la forêt a inspiré quelques artistes, dont les œuvres seront peut-être destinées à alimenter le calendrier d’autofinancement de la coalition SOS Île René Levasseur. L’autre atelier avait comme but l’échange d’information à partir de cette question : Qu’en est-il de la forêt depuis la sortie de ce film controversé… Cet atelier riche en réflexions nous a amené à nous questionner sérieusement sur ce langage technocratique, qui parle de la durabilité du développement tout en niant la triste réalité qui afflige l’état des écosystèmes du Québec et d’ailleurs. La plupart des personnes présentes ont manifesté l’intérêt de poursuivre ces rassemblements autour du thème de veillée Boréale … Si vous aussi êtes intéresséEs à participer à l’organisation de la prochaine veillée, qui aura probablement lieu à la fin février 2005, avisez-nous!
Des nouvelles de l’île René Levasseur, l’œil du Québec!!!!
Les Innus de Betsiamites accusent Kruger d’occuper leurs terres ancestrales…
Par Valérie Roussel, membre du comité forêt et de la coalition SOS Levasseur
Le 28 octobre 2004, la communauté innue de Betsiamites a déposé une demande d'injonction au palais de justice de Montréal, dans le but de faire annuler les permis de coupes forestières sur l'île René-Levasseur, octroyés par le Ministère des Ressources Naturelles à la société Kruger : Les contrats d'approvisionnement et d'aménagement (CAAF) signés par Kruger et Québec en 1997 seraient « illégaux », puisque l’Île est un territoire ancestral, appartenant légalement aux Innus.
Dans un article paru dans le Monde Forestier, un outil de propagande capitaliste de l’industrie forestière, le vice-président aux communications de Kruger, Jean Majeau, déclarait fièrement que sa société défendra «ses droits et ses employés » !!! M. Majeau prétend que les Innus de Betsiamites n’ont rien à craindre car Kruger en fait déjà plus que les normes environnementales ne l’exigent !!!
Il s’attend peut-être à avoir des remerciements de notre part et de celle des Innus pour saccager nos forêts nordiques, dans le but d’en faire du papier cul!!!
Sur la Côte-Nord, le préfet de la MRC de la Manicouagan, Georges-Henri Gagné, s'est porté à la défense des emplois menacés par les revendications des Innus. C’est effectivement une situation très complexe, puisque le portrait socio-économique des régions comme la Côte-Nord se traduit ainsi : exode rural, taux de chômage dans l’piton, emplois saisonniers, etc. Donc, quand l’industrie forestière est l’un des principaux moteurs économiques d’une région, il est facile pour cette industrie de manipuler les perceptions des travailleuse/eurs pour utiliser leur triste sort comme moyen de pression par la suite... Le problème, c’est qu’une fois ses ressources forestières pillées, la population des régions se retrouve de toute façon avec la pauvreté additionnée aux impacts environnementaux catastrophiques !
Où va l'Amazonie brésilienne ?
Par Guillaume Rousseau, membre du comité forêt, présentement au Brésil
Au Brésil, "l'Amazonie légale" est une région administrative qui couvre 5 millions de km2 et inclut 10 États. Cette entité de référence contient la forêt amazonienne au nord (biome Amazonie), des savanes (Cerrado) au sud et des forêts de transition.
En Amazonie, la pluie domine la vie, l'écologie, l'économie. Le sud de l'Amazonie légale (Amazonie sèche, 17 % du total) est la seule propice à l'agriculture, c'est là que le soja avance le plus vite... L'Amazonie de transition (38 %, 1800-2200 mm de précipitations) jouit d’une saison sèche bien distincte et se prête à certaines cultures (pérennes ou annuelles plus intensives). Enfin, l'Amazonie humide (45 %, >2200 mm de pluie) est impropre à l'agriculture et dominée par l'extraction de "matière ligneuse".
Dans le biome Amazonie, un propriétaire est autorisé à déboiser 20 % maximum de sa surface. Pour exploiter le bois de sa forêt restante, il doit obtenir un plan d'aménagement forestier. Mis à part les forêts riveraines et à forte déclivité, il peut donc convertir 20 % de sa forêt pour usage agricole et exploiter le bois de cette même forêt, à condition que cela reste... une "forêt".
En plus de ces mesures de "conservation", il existe de nombreux parcs et réserves indigènes qui totalisent 28 % de l'Amazonie légale. Tout ceci constitue donc beaucoup de contraintes pour qui veut "développer" et "produire" de la richesse en Amazonie, sans compter que maintenir son entreprise dans la légalité coûte très cher en bureaucratie! Heureusement, la loi est pleine de trous qui permettent à ceux qui peuvent payer d'inventer du bois légal dans un contexte où 47 % du total est extrait illégalement...
Comment s'y prend-on pour "légaliser" du bois? On a recours à la sous-traitance: des entreprises illégales coupent et assument les risques, parce qu'il faut bien manger! Ensuite, un ingénieur forestier fait des calculs... La loi prévoit un rendement de sciage de 54 %, i.e. pour 100 m3 de bois en forme d'arbre, 54 m3 deviendront des planches. En fait, le rendement est de 30-40 %, la différence permet de créer du bois virtuel aisément substitué par du bois illégal... Ingénieux, non ?!
Où va ensuite tout ce bois (28,3 millions de m3 au total extraits d'Amazonie en 1998) ? Le marché brésilien en absorbe 86 % (principalement Sao Paulo). Cependant, le bois de première qualité se dirige de plus en plus vers l'exportation, plus lucrative, et les pays exportateurs (Hollande, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Canada...) ne crachent pas sur le bois légalisé, ni d'ailleurs sur l'illégal, qu'ils légalisent eux-mêmes grâce à leurs réseaux de graissage de pattes...
C'était donc un réjouissant aperçu du développement durable amazonien... Plus de détails au prochain épisode !
Les statistiques forestières sont extraites de: "Forests Facts of Amazonia 2003. Lentini, M., Verissimo, A. et Sobral, L. Belém. Imazon, 2003"; disponible sur internet www.imazon.org.br
www.atquebec.org
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Sources: CMAQ
http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=19299
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