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Retour sur le Festival de l’île René-Levasseur Le 04/08/2004 Le Festival de l’île René-Levasseur, qui a eu lieu le samedi 17 juillet à Baie-Comeau, a été selon nous (les organisateurs), Elise-Anne Vallières et Colin Perreault, un véritable succès. Cette journée d’art, de musique, de poésie et de discussion s’est déroulée dans la bonne humeur et la paix. Le festival avait pour but premier de mettre en valeur la grande richesse que représente la forêt boréale québécoise et tout particulièrement de contester haut et fort que nous devons sauver la forêt ancienne de l’île René-Levasseur de toutes activités industrielles.
La journée a commencée avec un mot de bienvenue d’Elise-Anne et de Colin. Des médias locaux sont venus poser des questions, prendre des images, des entrevues et assister au début de l’événement. Ensuite vers 13h45, la Caravane à vélo ( et sur le pouce) a fait son arrivée. La pétition géante « Sauvons l’Île Levasseur » a été dévoilée fière de quelques centaines de signature. Ensuite chacun des membres de la Caravane a dit quelques mots sur cette expérience de militantisme intense et exigeante.
Par la suite, nous avons pu écouter Claude Charest, militant écologiste actif sur la Côte-Nord, nous livrer son message si important sur la situation alarmante au point de vue de l’environnement. Il a ensuite passé le micro à Marco Vigneault, chansonnier engagé de Sept-Îles, qui a encensé les foules de ses compostions venant droit du cœur. Claude Charest reprit par après la scène pour faire la lecture d’un magnifique conte ayant pour sujet la beauté et l’importance de la nature, des écosystèmes.
Ensuite, Olivier Leclerc nous joua talentueusement quelques chansons seul avant d’être rejoint par l’ensemble de l’excellent groupe de Jazz, La Jasmo. Elise-Anne lu ensuite le poème parfait pour la cirsconstance de la poète Baie-Comoise, Denise Ruest. Ce fut un superbe hommage à l’île. Inspiré par le poème et la nature, Elise-Anne présenta une chorégraphie de danse créée expressément pour le Festival tout comme le poème.
Suivie ensuite une plénière-discussion de 2 heures avec environ 35 personnes représentant le Québec entier. Le thème était la gestion de la forêt québécoise et l’exploitation de l’île René-Levasseur. Plusieurs Nord-Côtiers participèrent à cet exercice démocratique intense. D’excellents échanges ont eu lieu au profit des connaissances et de la compréhension sur le sujet de la foresterie québécoise. Plusieurs acteurs « importants » du milieu nord-côtier (qui avaient été invités à plusieurs reprises à l’événement et qui ne se sont pas présentés) ont manqué une chance en or de prendre le pouls des jeunes, de citoyens engagés et de la population en générale.
Les échanges continuèrent ensuite pendant le souper communautaire. Par la suite le groupe Hypocordes de Montréal nous offrit une performance musicale surprenante. Olivier Leclerc et La Jasmo prirent ensuite les rênes de la soirée pour faire danser l’audience au son de jazz et de musique du monde.
En bref, selon notre opinion, cet événement fut un véritable succès. Premièrement, en tant qu’agora de discussion démocratique face à un sujet qui concerne TOUS LES QUÉBÉCOIS. Deuxièmement, comme geste de contestation face à l’exploitation de l’île René-Levasseur qui nous apparaît plus que jamais comme une décision entièrement insensée.
Un des objectifs avec la Caravane et le Festival était de lancer le débat dans la population par l’entremise des médias de masse. Nous voulions donc décentraliser le débat sur la forêt publique des mains des élites afin d’en faire un véritable débat publique. Voici la réponse que nous avons entendue le 17 juillet au parc des Pionniers : Nous devons protéger l’île et, de manière plus large, continuer à mettre de la pression comme plusieurs autres groupes (APFQ, ABAT, Solidarité Rurale, UQCN, etc.) pour un changement de paradigme dans la gestion forestière
D’après un journaliste de Radio-Canada de Baie-Comeau nous avons réussi, pendant deux semaines, à être un des sujets les plus suivis sur la Côte-Nord. Il y a eu de nombreux reportages de télévision, de radio et d’articles de journaux qui ont été écrits sur nos actions et nos revendications et vous pouvez les consulter sur le site de Radio-Canada (Tapez : Île René-Levasseur dans recherche). Un réel débat est né, à tel point que le député de Manicouagan pour le Parti Québécois, Marjolain Dufour, a réagi de manière paniquée et peu civilisée. Marjolain Dufour nous a démontré qu’il défend les intérêts des grandes industries et qu’il refuse d’écouter la voix de la population. Nous vous présentons un extrait du reportage de Radio-Canada illustre bien cette réaction :
Des militants écologistes irritent le milieu nord-côtier
La visite de plusieurs groupes de militants écologistes, venus protester contre les coupes forestières sur l'île René-Lévasseur, irrite les représentants municipaux, les gens d'affaires et les syndicats qui se sont regroupés pour donner leur appui à Kruger.
…ces visites et ces déclarations ne sont pas toujours les bienvenues sur la Côte-Nord où les représentants municipaux, économiques et syndicaux de Baie-Comeau et Forestville se sont regroupés pour défendre Kruger.
Le député de la région, Marjolain Dufour estime que Kruger agit dans les règles de l'art et participe à la mise en place d'une réserve de la biosphère de l'Unesco. « On est capables de se prendre en main au niveau de projets durables et ce n'est pas des gens de l'extérieur qui vont venir nous montrer quoi faire dans notre région », souligne le député.
Si les écologistes ont bien agi jusqu'à présent, il craint qu'une poignée d'anarchistes tentent de faire du grabuge.
Heureusement, des citoyens nord-côtiers plus sensés ont participé aux activités. Leur présence nous a convaincu et nous pouvons crier haut et fort que plusieurs désirent voir une réelle consultation publique sur les forêts. Ces citoyens osent faire face au courant dominant et réclament une meilleure gestion des forêts québécoise. Ces citoyens réclament aussi que l’Île René-Levasseur soit protégée des activités industrielles.
Il ne faut pas oublier que l’île est un symbole important. C’est l’œil du Québec, une partie vitale de notre corps, de notre province, de notre pays. C’est une des dernières grandes zones de forêt ancienne, un paradis boréal pour les biologistes et écologistes, le deuxième plus grand impact de météorite sur terre, un écosystème intact, un paysage à couper le souffle, deux pieds de mousse et de lichen au sol… pour ne nommer que cela. Si nous ne sommes pas capables de protéger un symbole si important comment ferons-nous pour ne conserver qu’un seul arbre pour les générations futures ? Le combat continue.
Merci à tous ceux qui ont contribué à cet événement!!!
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