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[Le Devoir] «Squatters dans notre propre pays» Le 17/03/2004 Extraits du discours prononcé par
l'artiste mardi dernier alors qu'il recevait un doctorat honoris causa
de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Pourquoi les forestières ont-elles tant de pouvoir?
(Richard Desjardins)
Dernier de deux textes La question m'est souvent posée et se pose avec pertinence: «Comment se fait-il que le gouvernement, à qui nous avons délégué la gestion de la ressource publique, qui, en principe, détient un rapport de force important face aux compagnies [forestières], comment se fait-il qu'il agisse comme s'il était plutôt le représentant des compagnies auprès de la population?» Dans les déclarations publiques, les campagnes de publicité, il m'est encore impossible de discerner lequel des deux pouvoirs parle tant leurs affirmations se confondent.
J'ai eu l'occasion d'en discuter longuement avec un ancien premier ministre, économiste et nationaliste. J'ai commencé par lui dire : «Vous m'arrêtez aussitôt que je dis une connerie : Hydro-Québec rapporte un milliard et demi au trésor public, Loto-Québec un milliard, la Société des alcools presque autant, et la forêt 50 millions. Est-ce que ça vaut la peine de stresser autant la forêt pour si peu ?» Il dit : «Non.» Il ajoute : «Cette industrie est la seule à n'avoir pas connu de révolution. C'est un univers demeuré colonial. René Lévesque avait pensé la nationaliser, mais avait jugé que, de front avec la nationalisation de l'électricité, la tâche s'avérerait trop lourde.» [...]
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